Au cours de l'été 2007 pour la septième fois, nous avons cheminé sur
un chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Ce qui m’attire (Simonne) sur ces
chemins ?
Avant tout c’est que avant nous d'autres
gens ont cheminé sur ces chemins ou sur d'autres disparus et cela déjà bien avant le
christianisme.
Déjà les Celtes cheminaient sur cette route.
Pour eux il s’agissait d’une route qui les menait vers "la
fin" de la terre (Finistère), la route de l’ouest, la route
allant vers le coucher du soleil, vers la mort…
C’est seulement vers le XIe siècle que les
chrétiens se sont mis en route vers ce que l'on dit être la sépulture de saint Jacques : Jacques,
frère de Jean et tous deux apôtres de Jésus. Après des années d’abandon, les
chemins de Compostelle retrouvent un succès croissant et les pèlerins se
pressent de toute l’Europe pour emprunter la route tracée par leurs
prédécesseurs . ( En 1993 le Camino francés a été inscrit par l'Unesco au
patrimoine mondial : pour une information plus complète sur ce sujet, voir
: http:///www.saint-jacques.info/icomos.htm)
Sur ce chemin d'autres gens ont marché avant
nous et d’autres marcheront après nous. C’est une grande
chaîne et de cette chaîne nous sommes un maillon.
Une autre raison de faire ce chemin… ?
Depuis toujours j'ai (Simonne) eu le souhait de vivre une vie simple et
dépouillée mais…dans le quotidien il n’est pas facile de se libérer de
la société de consommation. Ce chemin précisément permet une
retraite par rapport à la société de consommation !
En effet ce sont trois mois vécus avec le
minimum. Nous emportons seulement les choses que nous sommes capables de
porter sur le dos : une tente, un sac de couchage, un savon et un essuie,
une petite pharmacie, une natte, un camping gaz, une casserole, des couverts,
une grande bouteille d’eau pour boire, la nourriture du jour et…seulement
un vêtement de rechange… ! Chaque jour, si le temps le permet, nous
faisons notre lessive.
Ce chemin est aussi un chemin de
solitude. (pendant la marche, car aux étapes, en Espagne, c'est la
foule). Seule en face de soi-même, seule face au chemin, seule
face à la nature mais seule aussi pour affronter les contretemps !
Ce chemin est le temps de vivre
"ici et maintenant ", de vivre le temps présent.
Avoir devant soi trois mois pour faire le vide, trois mois pour regarder.
Toute la journée pour recevoir le soleil, les fleurs, les oiseaux. Être
disponible pour l’odeur de la terre chaude, pour le bruit et la fraîcheur
du vent, pour le plaisir d’une source d’eau fraîche quand la bouteille
est vide ou que l’eau est devenue chaude…. Mais par contre certains
jours il y a le froid, la pluie, la chaleur torride que nous devons
affronter. C’est vrai que le chemin est parfois difficile mais avec le
recul il y a la joie de l’avoir fait !
Le chemin est le temps des rencontres.
Rencontres avec ceux qui sont au bord du
chemin :
Mais surtout rencontres avec tous ces autres qui
sont sur le chemin, chacun avec sa motivation :
- C’est sans doute un chemin solitaire
mais surtout très solidaire.
De toute façon en arrivant à Saint-Jacques de
Compostelle nous croyons avoir fait le chemin mais avant tout c’est le
chemin qui nous a fait !
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