Des réflexions et des rencontres sur les chemins de Compostelle :
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Le camping sous une toute petite toile ,
c'est le souper qui s'étire, cuit en cascade sur l'unique petit feu butane. A la française nous mangeons successivement la soupe, les légumes, la purée, la viande, bien calmement et au rythme de la cuisson;
mais c'est aussi le petit déjeuner rapide, pliés en quatre, dans le brouillard, le froid et l'humidité du matin;
c'est se glisser douillettement dans un bon sac de couchage et sentir progressivement la chaleur humaine chauffer le petit volume de la tente;
mais c'est aussi enfiler le matin les chaussettes qui se sont humidifiées dans les coins de tente;
c'est tout autour de soi, l'espace, la nature toute proche, la rivière qui coule;
mais c'est aussi se faufiler pour rentrer et sortir de la tente;
ce sont les oiseaux qui chantent et qui volent si près de la toile qu'on entend leurs battements d'ailes;
mais c'est aussi la sono du samedi soir du village tout proche et qui s'en donne jusqu'aux petites heures du matin;
c'est l'herbe moelleuse qui nous accueille;
mais c'est aussi le caillou qui pointe à travers notre petit mousse;
c'est essuyer la toile au matin petit bout par petit bout pour ne pas emporter trop d'eau dans le sac à dos;
c'est l'herbe fauchée qui colle aux chaussures dans la rosée du matin;
ce sont les doigts morts et la peau en chair de poule parce qu'il fait froid;
ce sont les fourmis si petites qu'elles parviennent à se faufiler à travers les mailles de la moustiquaire;
mais c'est aussi la liberté.
Une fois les sacs bouclés au matin, il ne reste de notre passage que l'herbe écrasée sur 3 m2 comme le petit nid d'un animal qui s'y serait couché pour la nuit!
Simonne